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Nous n'insisterons pas sur l'introduction du livre de Lanval où il nous présente d'une façon un peu sommaire et parfois fantaisiste l'évolution des religions à travers les siècles. Ce qui nous
intéresse davantage c'est le matériel ethnographique recueilli par l'auteur. Il nous décrit d'abord la circoncision chez les Juifs et il donne de cette cérémonie l'explication suivante: « C'était la maternité qui faisait de la fille une femme; ce sera l'ablation sanglante d'une partie de son sexe qui fera un homme d'un jeune garçon. Nous venons ainsi de trouver l'origine rituelle et religieuse de la circoncision qui pouvait n'être qu'une simple entailie, pourvu que du sang ait été versé ».
Suit un chapitre sur les cérémonies sexuelles de la puberté où sont exposées les différentes variétés de cette coutume. Une des déviations les plus curieuses de cette cérémonie se passait chez les Pueblos. Le plus beau jeune homme de l'année était choisi et devait servir à la satisfaction de ses contemporains; après quoi il était brûlé sur un bûcher et offert en sacrifice aux dieux. De nos jours, on se contente de le masturber un grand nombre de fois par jour jusqu'à ce que ses testicules s'atrophient et qu'il devienne eunuchoïde.
Les chapitres suivants sont consacrés aux castrations religieuses dans l'antiquité et dans des sectes contemporaires. On trouvera notamment une bonne étude sur les Skoptzy (1). Cette secte curieuse fondée par André Ivanov met son idéal dans la castration. Elle vit actuellement en Roumanie. Le chapitre que l'auteur consacre à la psychologie de la castration religieuse est assez faible. Tout au long de ce livre, on regrette que Lanval, au lieu d'en rester à un exposé objectif des faits, introduise partout sa rancune contre l'éducation religieuse.
R. de Saussure.