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Si l'on parcourt la bibliographie psychanalytique, on s'aperçoit qu'elle est marquée par deux périodes apparemment distinctes: dans la première, l'intérêt des auteurs semble accaparé par l'élude du refoulé (l'inconscient, disait-on alors, le ça, dit-on aujourd'hui); dans la seconde période, c'est au refoulant que va plutôt toute l'attention. Ce refoulant représente une partie de l'entité psychique opposée au ça et que nous appelons le moi.
L'intérêt de plus en plus marqué pour cette seconde entité de l'appareil psychique est fort légitime.
En effet, tout d'abord, sans l'intermédiaire du moi, nous serions bien en peine de savoir grand'chose sur le ça. Ce sont précisément les réactions du moi, face aux pulsions émanant du ça, qui nous offrent le moyen d'aborder ce dernier, impénétrable autrement par définition. Mais ce n'est pas là le seul intérèt qu'il présente. Si l'on admet, et l'expérience nous oblige à le faire, que des deux entités psychiques le moi seul est destiné à changer, à se modifier, à évoluer, le ça restant immuable, tout au moins chez un individu donné, nous devons en tirer des conclusions thérapeutiques de grande importance. Notamment celle-ci: seul le moi offre quelques possibilités d'ètre influencé par le traitement psychanalytique. Cette influence susceptible de s'exercer sur le moi constitue le thème principal de ce travail.
Je ne l'aborderai cependant pas d'emblée, quelques détours me paraissant nécessaires. Ils ne nous apprendront, certes, rien de bien nouveau, m'étant astreint à rappeler tout d'abord quelquesunes des notions le plus communément admises aujourd'hui. Mais, ce faisant, je jetterai les