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Plusieurs psychanalystes ayant déploré que ne soient pas publiés plus de cas cliniques, il m'a paru qu'il ne serait peut-être pas sans intérêt de choisir et grouper trois cas d'anorexie mentale dont le point de départ est le même : fixation vive et inassouvie à la mère. Non point que je veuille donner ce point de départ comme constant, mais il permet mieux la comparaison des trois cas. Je les exposerai aussi raccourcis que possible.
Ils m'ont semblé intéressants à comparer sur deux plans différents :
1° ils portent sur trois fillettes, de 3 ans 1/2, 9 ans 1/2 et 15 ans 1/2, et illustrent avec évidence la complexité croissante des conflits avec l'âge des sujets.
2° ils montrent avec netteté le rôle primordial de l'attitude parentale dans la genèse comme dans la guérison.
Ce sont choses déjà connues des psychanalystes et je n'ai pas la prétention d'apporter rien de nouveau, trop heureuse si mes cas peuvent illustrer des points acquis.
Complexité croissant avec l'âge :
Quand je parle de complexité, il n'est pas dans mon intention de faire allusion aux difficultés que comporte la mise en train d'une analyse d'enfant. Cette mise en train m'a au contraire toujours paru plus difficile chez les tout petits : le petit enfant ne se sent jamais malade psychiquement ; les symptômes qui alarment les siens, il les a organisés pour sa satisfaction personnelle et il trouve tout bien ainsi ; il n'a que faire de vous.
Il ne s'abandonnera à vos investigations que s'il a pour vous de l'estime, de l'amour, de l'admiration, de l'intérêt, etc. C'est dire