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Il est convenu, parmi les psychanalystes européens, de considérer le serpent comme ayant une valeur uniquement ou presque uniquement phallique (2). Une étude comparative me paraît montrer que cette opinion classique, si elle veut être universelle, est trop absolue, et je crois pouvoir démontrer que, sur le continent américain tout au moins, et en se plaçant au point de vue de la mythologie archéologique, on rencontre un serpent paradoxal, le serpent-oiseau, le serpent à plumes, dont la partie proprement serpentine est une représentation avant tout femelle.
Si le motif du serpent se retrouve dans presque toutes les religions du monde, dans aucune d'elles il n'acquiert par sa fréquence et par son haut grade de stylisation le caractère dominant qu'il eut dans les religions maya et aztèque. Ces deux religions furent celles de peuples qui, des plus lointains âges avant notre ère jusqu'à la conquête espagnole des xvie et xviie siècles, furent les