You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans les couches aurignaciennes de loess de Willendorf, petit village sis sur le Danube, en amont de Krems, Szombathy et Bayer trouvèrent, en 1908, une figurine de onze centimètres de haut, sculptée dans du calcaire oolithique à grain serré. Les deux archéologues dénommèrent leur découverte, par plaisanterie, la Vénus de Willendorf. Une description détaillée nous en est fournie par M. Breuil (1). En voici un extrait :
« C'est l'image d'une femme de proportions massives, d'âge bien mûr, complètement nue et ne portant d'autres ornements que des bracelets très simples à l'avant-bras. Ses mamelles énormes retombent jusque sur le ventre, très proéminent. Les hanches et l'attache des cuisses sont très replètes. Quant à la tète, volumineuse, elle est surtout occupée par la chevelure, faite d'un tortillon qui s'enroule en spirale. Du visage, aucune partie n'est même indiquée. Les parties génitales, en revanche, sont détaillées avec amour. L'artiste qui a modelé cette figurine a fait preuve d'une grande habileté, d'un réalisme audacieux, poussé jusqu'à l'horrible. Il s'est évidemment complu dans l'exagération des organes de la fécondité et des régions voisines ; il a systématiquement diminué ou omis les autres. Son œuvre dénote un art consommé et pleinement maître de sa technique »
Cette petite statuette, créée il y a 25000 à 30000 ans, est, en effet, une des plus belles manifestations des étonnantes qualités artistiques de l'homme de l'époque paléolithique. Ce qui, avant tout, nous frappe, c'est le contraste étrange entre le corps nu et la tête, entièrement voilée par un masque sphérique, soigneusement tressé. Le sens de cette dissimulation a paru, jusqu'ici, énigmatique.