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Chaque névrosé porte en lui un certain nombre de conflits qui proviennent de son développement psycho-biologique. Ce sont des tendances qui, à la suite de circonstances diverses, s'opposent les unes aux autres, au lieu de se développer harmonieusement. C'est le grand mérite de Freud d'avoir éclairé ces conflits psychobiologiques. Mais ceux-ci, par la désadaptation qu'ils provoquent, créent une série de conflits secondaires dans notre adaptation avec l'entourage ; nous pourrions les appeler conflits sociaux.
La psychanalyse classique s'est surtout penchée sur les premiers et a trop négligé les seconds. Cette orientation unilatérale est même, à notre avis, la cause de bien des échecs thérapeutiques. Nous modifions les facteurs dynamiques de l'être en transformant une part de la libido narcissique en libido objectale, en libérant certaines inhibitions, etc… Mais nous ne transformons pas assez les habitudes de nos malades. Or les habitudes sont comme un prolongement de nous-mêmes, prolongement qui nous relie au monde extérieur. Cette négligence a pour conséquence que parfois le dynamisme nouveau, au lieu de transformer nos habitudes, est transformé par elles et reprend son organisation première et vicieuse.
Dans ces cas où nous négligeons trop l'analyse minutieuse des comportements, nous agissons comme un homme qui, voyant un insecte sur le dos, retournera son corps (son moteur) mais luxerait ses ailes qu'il maintiendrait à l'envers.
L'animal, pour reprendre son vol, serait ensuite obligé ou de tourner son corps, ce qui le replacerait dans la position fâcheuse précédente, ou de tourner ses ailes, ce qu'il ne sera pas toujours en mesure de faire.
Certes, depuis qu'Anna Freud a écrit son magistral ouvrage sur les mécanismes de défense du moi et que de nombreux