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Ce petit livre, plein de richesses, poursuit avant tout un but épisthémologique. Analysant un certain nombre d'ouvrages scientifiques du xviiie siècle, il montre en quoi les savants d'alors s'écartaient d'une attitude vraiment scientifique. Ce ne sont pas les thèses générales de cet ouvrage que nous désirons résumer ici ; nous voulons seulement indiquer en quoi il peut intéresser les psychanalystes. L'auteur a voulu adopter « l'attitude d'un psychanalyste à l'affût des raisons irraisonnées ». Il nous dépeind, par exemple, le côté captatif du substantialiste. « Il faut comprendre… dit-il, que la substance d'un objet est agréée comme un bien personnel. On en prend possession spirituellement comme on prend possession d'un avantage évident. Entendez augurer un réaliste : il a immédiatement barre sur son adversaire parce qu'il possède la richesse du réel tandis que son adversaire, fils prodigue de l'esprit, court après de vains songes… du point de vue psychanalytique, et dans les excès de la naîveté, tous les réalistes sont des avares. » Voilà qui vient rejoindre la thèse de Laforgue sur l'attitude anale des dogmatistes. Et Bachelard d'ajouter : « La psychanlyse qu'il faudrait instituer pour guérir du substantialisme est la psychanalyse du sentiment de l'avoir. Le complexe qu'il faudrait dissoudre est le complexe du petit profit qu'on pourrait appeler, pour être bref, le complexe d'Harpagon ».
Etudiant certains livres d'alchimie, l'auteur nous montre que sous une apparence scientifique ce sont les thèmes de l'œdipe ou de la castration qui sont décrits. Voici un texte où se retrouvent