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On pourrait dire que ce livre fait suite au précédent pour ce qu'il cherche également à dépister les erreurs de la pensée préscientifique. M. Bachelard décrit d'abord le complexe de Prométhée. Si l'enfant s'approche du feu, il se heurte à un interdit des parents. Le feu, comme la sexualité, est initialement l'objet d'une interdiction générale. Mais comme un petit Prométhée, l'enfant cherche à dérober les allumettes. Il veut savoir et connaître mieux que son père. Sous le complexe d'Empédocle, M. Bachelard décrit ce besoin de rêvasserie qui s'éveille en contemplant le feu. Le rêve est plus fort que l'expérience.
« On ne peut étudier que ce qu'on a d'abord rêvé. La science se forme plutôt sur une rêverie que sur une expérience et il faut bien des expériences pour effacer les brumes du songe ». A ce propos M. Bachelard montre toutes les rêvasseries sexuelles dont sont empreintes les premières études sur le feu. Il nous livre une série de documents du xviiie siècle qui sont remarquablement démonstratifs. Partout le frottement apparaît comme origine du feu. « En vérité, le feu fut surpris en nous avant d'être arraché du ciel. » Mais si la conquête du feu est primitivement une « conquête » sexuelle, on ne devra pas s'étonner qu'il soit resté si longtemps et si fortement sexualisé. M. Bachelard nous le montre par une série de citations du plus haut intérêt, qu'il a consignées dans les chapitres sur le feu sexualisé et la chimie du feu (histoire d'un faux problème).