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Le Docteur Paul Schiff a brusquement été enlevé à l'affection des siens le 17 mai 1947, à l'âge de 56 ans. La mort n'a pas permis que l'œuvre qu'il avait entreprise fût achevée : depuis 1935, Paul Schiff était neuro-psychiatre des prisons (il fut l'un des trois premiers médecins qui eurent ce titre en France) et il avait mis au service de cette fonction nouvelle sa triple compétence de psychiatre, de juriste et de philosophe. Il avait en effet obtenu sa licence de philosophie avant même d'achever ses études de médecine, et sa licence de droit après son doctorat. Interne des asiles de la Seine en 1923, puis chef de clinique dans le service du Professeur Claude en 1927, il s'était ensuite orienté vers la psychanalyse, tout en demeurant, de 1929 à 1936, médecin traitant à l'hôpital Henri Rousselle où il donnait également une consultation de sexologie. Membre de la Société Française de Psychanalyse; depuis 1928, il était l'un des plus assidus à ses réunions et l'un de ses collaborateurs les plus actifs. Parmi tant de travaux, rappelons seulement le rapport qu'il présenta en 1935 à la 9e conférence des Psychanalystes de Langue Française, sur « Les paranoîas et la psychanalyse ». Mais c'est à la psychiatrie des prisons et à la psychologie des criminels qu'il s'attachait, avec toute sa puissance de travail et sa volonté tenace, depuis plus de dix ans : il meurt en laissant, à peine ébauché, un ouvrage de Psychologie criminelle, et sans avoir même vu s'ouvrir ce service d'observation psychiatrique de la Petite-Roquette qu'il avait pu, après dix ans d'efforts, mettre sur pied, et qui devait Commencer à fonctionner trois jours après sa mort.
Certes la guerre, où il s'est tant dépensé, est sans doute la principale responsable de cette fin prématurée qui a privé Paul Schiff des fruits de son labeur et plongé dans une stupeur désolée sa famille et ses amis ainsi que ses malades. De nombreux articles publiés par la Revue de Psychanalyse, l'Encéphale, l'Evolution Psychiatrique, le