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Nous rencontrons dans l'analyse des états ou des manifestations soudaines d'agressivité qui paraissent ne pas faire corps avec la nature même du malade et qui souvent même tranchent carrément avec l'ensemble du tableau caractérologique que nous pouvons nous faire de lui par ailleurs. C'est ce que nous sommes convenus de considérer comme dés manifestations secondaires, chronologiquement, par rapport à des événements ou des états traumatisants à l'égard desquels le patient a réagi dans le sens de l'opposition et de la haine. Cette agressivité réactionnelle, qu'il est parfois difficile au premier abord de distinguer d'une agressivité d'origine constitutionnelle, — nous savons du reste que cette distinction n'a rien d'absolu, — prend tout son caractère de symptôme névrotique à l'épreuve du traitement.
On sait combien sont divers et nombreux les facteurs externes et internes pouvant donner lieu à des réactions d'agressivité. Je voudrais apporter ici quelques observations cliniques se rapportant à l'un de ces facteurs dont l'importance me paraît devoir être soulignée : je veux parler de l'insécurité affective ayant son point de départ dans une frustration d'amour durant l'enfance, et de l'angoisse d'abandon qu'elle engendre (Fear of loss of love).
La fréquence et l'intensité de cette forme d'angoisse chez les malades qui recourent à l'analyse m'a particulièrement frappée durant ces dernières années. Cette constatation a été le point de départ d'une étude clinique du syndrome et de la structure psychique, à mon avis particulière, que présentent les angoissés de l'abandon que pour plus de commodité et faute d'un meilleur terme,