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Peu de New-Yorkais savent qu'au cœur de leur propre cité, dans le Village même, encastrée dans la façade du théâtre Sheridan, une flamme perpétuelle brûle à la mémoire de Georges Clemenceau, le principal artisan de la victoire lors de la première guerre mondiale. Jamais, semble-t-il, il ne fut plus opportun de rappeler cette magnifique figure si pleine d'enseignements. Cette petite flamme dédiée à une grande mémoire est comme un lien vivant entre deux générations, entre deux guerres.
On s'est toujours accordé à reconnaître en Clemenceau « Le Père-la-Victoire », celui qui dans les heures sombres de 1917 ranima chez les Français le courage et l'unité, qui transforma la défaite en victoire. Et aujourd'hui, alors que les problèmes de la paix une fois de plus se posent, on commence à réaliser combien, dans ce domaine aussi, Clemenceau était sage. Il insista avec son sens aigu des réalités sur des solutions qui, si elles avaient été adoptées, auraient pu conduire à une paix durable.
Et pourtant cet homme d'Etat, si grand dans la guerre et si clairvoyant dans les problèmes de la paix, fut constamment l'objet des critiques les plus violentes et les plus passionnées. Lui qui, dans sa vieillesse, devint l'organisateur de la victoire, il fut longtemps nommé « Le Tigre ». Il semble qu'il y avait deux hommes en lui, un démoliseur et un créateur. Sa vie est pleine de contradictions et il est resté une sorte d'énigme même pour ses admirateurs. « Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur dans des proportions qui restent à déterminer », disait-il un jour.
Quelle est la clef de son énigme ? Comment fut-il à même d'accomplir de si grandes choses ? Il semble qu'à lui, comme à tout homme, un problème psychologique se soit posé, un grand problème humain dont la solution commande la plupart de nos actions et influence la vie entière de l'individu. C'est ce problème, qui explique les contradictions de la vie de Clemenceau, que nous voudrions