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La communication du Docteur Cénac me dispense de revenir sur un point qu'il a clairement souligné. C'est la nécessité de distinguer l'agressivité normale, de nature instinctuelle probable, du sadisme. En proie à cette perversion, le sadiste poursuit souvent un but destructeur à côté du but érogène. Je voudrais à mon tour tenter d'éclairer un aspect de ce problème en me plaçant à un point de vue génétique.
Vous êtes tous, je crois, un peu jeunes pour avoir vécu les discussions passionnées sur le « masochisme primaire » auxquelles vos aînés ont assisté et ont pris part au cours des anciens Congrès de psychanalyse. C'est à la suite du fameux mémoire de Freud que ce problème épineux a été porté à l'ordre du jour. On a beaucoup discuté sur ce thème brûlant qui, depuis lors, semble s'être quelque peu refroidi, ayant transmis ses radiations au thème du sadisme, pour des raisons historiques également.
En soi la tendance agressive ne nous pose plus de problèmes, que nous l'appelions instinct ou, comme Lacan, intention. Les rapporteurs nous en ont lumineusement exposé les données biologiques et la portée clinique. Mais ce concept, assez clair en lui-même, se lie dans la pensée de Freud à un second concept beaucoup moins clair, celui des « pulsions de mort ». Et c'est ce lien d'ordre génétique qui vient compliquer singulièrement toute la question. Or, admettre l'existence et l'action de Todestriebe originels c'est poser précisément le problème du masochisme primaire. On suppose en effet qu'à l'origine lesdites pulsions se tournent contre l'être lui-même puisqu'elles sont en lui avant de pouvoir s'extérioriser et qu'elles ne peuvent être détournées contre le monde extérieur et agir sur lui avant le développement des fonctions motrices.
Mais la plus forte objection qui surgit contre cette théorie