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La plupart des troubles de caractère des enfants, la plus grande partie des conflits dont nous entretiennent nos malades adolescents et adultes, sont la conséquence de drames d'amour. Nous rencontrons, il est bien évident, de nombreux problèmes relatifs à l'agressivité, au désir de domination, aux problèmes sexuels, mais la plupart des enfants désobéissants, voleurs, mouilleurs de lit, menteurs, souvent même ceux qui ne travaillent pas à l'école, ceux qui supportent mal la réalité et s'enfuient dans des rêveries ou de longues lectures, ceux qui flânent en ville après l'école — quand ils ne font pas l'école buissonnière — sont des enfants dont l'affectivité n'évolue pas normalement.
Les adolescents, puis les jeunes gens et les jeunes filles, nous apportent, eux aussi, leur nostalgie de quelqu'un qui les comprenne, de quelqu'un qui devienne leur complément ; ils nous font part de leur difficulté à aimer, à s'attacher, ou à se faire aimer. Plus tard, dans les fiançailles, dans le mariage ou dans le célibat, dans l'éducation des enfants, dans le divorce ou la longue vie à deux, dans les amitiés, et même dans la religion, le problème de l'amour se pose constamment. L'amour humain, qui prend tant de formes et de figures, et pour lequel nous n'avons qu'un mot en français, parce qu'il provient d'une source unique, est en effet un art qu'on apprend à travers l'existence entière. C'est une force, un élan intérieur, qui permet à l'être humain — et même qui l'oblige — à s'attacher à des personnes, à des objets d'amour dont le nombre est très restreint tout d'abord, puis va en augmentant de plus en plus. Nous partons donc de l'amour égocentrique du poupon, qui aime sa bouteille et la personne qui le soigne, pour arriver à l'amour adulte total, qui se situe dans l'amour conjugal sur deux