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Je note dès cet après-midi ce que Freud m'a dit ce matin. Attirant mon attention sur la multiplication actuelle des travaux psychanalytiques touchant la sexualité féminine et la tendance qui y règne à nier la phallicité primitive de la petite fille comme la bisexualité foncière de la femme, il m'expose ce qui suit et me laisse la liberté de m'en servir dans un travail.
Je me suis approchée, me dit-il, tellement moi-même de ce qu'il pense là-dessus à présent qu'il me croit désignée pour traiter ce sujet.
Que la petite fille, dit Freud, la première fois où elle voit le pénis d'un homme ou d'un garçon, en reçoive un grand choc, voilà ce qui ne saurait faire aucun doute ; toutes les analyses de femme en témoignent.
Mais pourquoi ? Parce que les hommes et les garçons urinent debout ? Les petits bébés ne le peuvent encore, et c'est souvent sur un tout petit frère que la découverte a lieu. L'estimation narcissique si élevée du pénis semble sans cause suffisante décelable.
C'est qu'une faute de pensée (Denkfehler), poursuit Freud, est faite ici par les psychanalystes. Il ne faut pas s'obstiner, ainsi que le font la plupart, à vouloir tout expliquer du seul point de vue psycho-ontogénique. Si la féminité, si souvent, n'est pas, comme on dit, « acceptée », cela doit tenir à quelque chose de plus profond, de plus ancien, et qui est phylogénique, paléobiologique.
Or il semble que, avant toute répression morale, la sexualité en tant que telle éveille dans l'être vivant de l'angoisse. La sexualité