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Je me suis longtemps demandé pourquoi saint Christophe était devenu le patron des automobilistes. Les petites médailles qui, dans presque toutes les voitures, figurent ce saint à l'allure athlétique, portant sur ses épaules l'Enfant sauveur du monde, chaque fois où mon regard tombait sur l'une d'elles au cours d'une randonnée en auto, je me demandais pourquoi elle était là. Mais je ne pouvais trouver aucune réponse à la question posée.
Si j'interrogeais d'autres personnes, celles-ci disposaient en général de la question avec quelque impatience : « Eh bien ! saint Christophe a passé l'Enfant Jésus à travers des eaux écumantes. Point n'est alors surprenant qu'il soit considéré comme un protecteur contre les dangers de la route ! » D'autres répondaient plus simplement encore que saint Christophe avait été choisi comme tout autre saint aurait pu l'être à sa place. Il n'y avait là aucun problème.
Cette dernière explication rappelait celle donnée si souvent des cauchemars : « Vous aurez mangé quelque chose de lourd. » De même que cette explication simpliste ne rend pas compte du contenu de chaque cauchemar, de même celle d'après laquelle n'importe quel saint eût pu être pris comme patron des automobilistes ne rend pas compte du choix de saint Christophe, comme tel.
A Athènes, j'allai un jour visiter le Musée byzantin. On nous conduisit de salle en salle où nous admirâmes les icones rapportées des chapelles du continent ou des îles. Nous parvînmes enfin à la Section d'art populaire où se trouvaient exposées des images des