You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
D'après les statistiques les plus sûres et les plus récentes, la grande majorité des délinquants (plus des 4/5) ne présentent aucune affection psychiatrique définie et ne diffèrent pas sensiblement de l'ensemble de la population (1). Si bien qu'il est illégitime de parler de « personnalité criminelle ». En revanche, rien n'empêche de parler « d'attitudes criminelles », étant entendu que si elles sont plus prononcées chez certains, elles existent d'une manière diffuse chez les non-criminels. La présente communication a pour but dernier de dégager les traits principaux dés attitudes criminelles en partant d'un exemple clinique.
Du point de vue criminologique, il s'agit de comportements homicides répétés, étalés sur une période de moins de six mois qui a suivi la Libération.
Le dernier de ces épisodes, étant donné la situation et la signification apparente de la tentative de meurtre, pourrait passer pour un crime passionnel. En raison de la froideur émotionnelle et de l'importance décisive de la motivation inconsciente, la formule « crime pseudo-passionnel » lui convient davantage.
C'est à propos de cette dernière tentative d'homicide qu'une expertise fut ordonné et exécutée dans des conditions de travail assez difficiles, si bien que si l'observation fut plus poussée que dans une expertise ordinaire, elle n'eut cependant pas toute l'envergure et toute la profondeur que l'intérêt scientifique du cas eût méritées.
(1) Communication à la Société Psychanalytique de Paris, le 16 mars 1948.
Il s'agit donc d'une observation non psychanalytique mais clinique. Telle quelle, elle autorise des commentaires psychanalytiques sur lesquels je compte appuyer une esquisse théorique de l'attitude criminelle.
D'où le plan suivant :
I - L'observation.