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L'homme naît sauvage et pourvu de toutes les tendances qui lui permettraient de vivre à l'état d'isolement. Il est donc nanti, à l'origine, de toutes les pulsions qui doivent servir à l'entretien de sa propre existence et à la propagation de son espèce. L'ensemble de ces pulsions et tendances est, semble-t-il bien, ce qu'on peut entendre par « instinct de la conservation » jouant sur deux plans, au niveau de l'individu et à celui de l'espèce.
On sait que si l'être vient au monde avec tout son bagage instinctif, ses pulsions et ses tendances, sa libido, en d'autres termes, n'apparaît pas comme toute montée dans une structure ne varietur et orientée définitivement vers les buts que l'âge adulte lui proposera ultérieurement. Cette libido suit un chemin progressif en s'attachant successivement à des intérêts de plus en plus évolués. Avant de parvenir à une organisation parfaite, elle passe par une série de stades appelée prégénitaux, tels que le stade oral au début de l'existence quand l'individu, ayant comme première tâche de se construire, ne peut avoir d'autres intérêts que celui porté aux fonctions de nutrition ; puis vient le stade anal qui correspond à l'intérêt porté aux fonctions d'évacuation et à la maîtrise de celles-ci ; suit le stade phallique préparatoire aux fonctions sexuelles qui, lentement, élaborent leurs mécanismes. Au bout de cette succession dont je ne rappelle que les principaux jalons, l'être définitif se montre, en sortant de la période pubertaire, sous le signe de la primauté génitale, c'est-à-dire que la sexualité physiologique et les affects qui s'y rapportent lui dictent des conduites ayant pour objectif (conscient ou inconscient) la procréation et toutes les charges qu'elle implique.
On sait aussi que l'être en évolution est automatiquement guidé dans les voies labyrinthiques de celle-ci par ce fil d'Ariane qu'est le principe « plaisir-douleur » lui faisant rechercher tout ce qui lui est agréable et éviter tout ce qui lui est pénible. Dans l'o