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Sans vouloir discuter des différentes opinions émises sur le surmoi, il faut bien reconnaître l'existence d'une sorte de tendance inhibitrice du moi, plus ou moins rigide suivant les individus. Que, selon Odier, cette instance soit la « zone névrotique du moi » ou, selon Freud, « le résidu du complexe d'Œdipe », ou encore, selon mon excellent ami F. Lechat, la partie du ça non intégrée au moi, il faut convenir qu'elle paraît remplir une fonction, qu'elle a son utilité.
A première vue cette affirmation semble peut-être contestable. Il suffit de songer aux méfaits du surmoi chez les névrosés. Cependant, ce n'est pas parce qu'un couteau est une arme redoutable, par exemple, que l'on peut en contester l'utilité…
Je voudrais, dans ces quelques lignes, émettre une hypothèse qui paraît justifier cette opinion.
Ainsi que je l'ai exposé antérieurement (1), je crois que le ça est constitué par l'ensemble des pulsions nécessaires à la vie de l'individu et de l'espèce, à la transmutation de l'organique en psychique. Chacune de ces pulsions possède une tendance freinatrice, ou contre-pulsion, indispensable à l'équilibre de l'individu. Ex. : activité, passivité.
L'imbrication de la pulsion et de sa tendance freinatrice est telle qu'il semble difficile de les démêler l'une de l'autre. Gela explique l'ambivalence. C'est par cette ambivalence fondamentale qu'est rendue possible l'éducation, l'adaptation, Sans elle, les expériences malheureuses, les déceptions, les punitions n'auraient aucune efficacité. Une pulsion non freinée par sa contre-pulsion, et inversement, conduirait l'individu à sa perte.
Par l'équilibre qu'elle tend à maintenir, la contre-pulsion, ou