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La nature n'a pas toujours réalisé une adaptation parfaite des organismes à leurs fonctions dans leur milieu, et ceci apparaît avec une particulière clarté dans l'adaptation bien plus souvent déficiente de la femme que de l'homme à la fonction proprement érotique. Je dis fonction érotique et non fonction de reproduction, car on sait qu'il est d'innombrables femmes parfaitement fécondes et, par là très bien adaptées à la fonction de reproduction, qui restent cependant inadaptées à la fonction proprement érotique. Frigidité et stérilité sont des facteurs d'ordinaire dissociés.
Il semble, comme Freud l'a si bien montré dans son essai De la Sexualité féminine (1), exister trois grands types de femmes ayant réagi de façon différente au traumatisme décisif qu'est pour la petite fille la découverte de la différence entre les sexes. Les unes ont remplacé bientôt le désir du pénis par celui de l'enfant et sont devenues de vraies femmes, normales, vaginales, maternelles; d'autres ont abandonné la compétition avec l'homme parce que, s'y sentant armées de façon trop inégale, elles ont renoncé à toute sexualité objectale et réalisent psychiquement, socialement, dans l'espèce humaine, quelque chose de ce qu'on observe dans la fourmilière ou la ruche, avec les ouvrières; d'autres enfin, en dépit de la réalité, qu'elles n'ont pas acceptée, qu'elles nient, se cramponnent à ce que toute femme recèle de virilité psychique et organique, complexe de virilité et clitoris.