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Si l'obsession est considérée — et à bon droit — comme un des symptômes névrotiques les plus rebelles à toute psychothérapie et si l'entreprise de sa cure laisse prévoir de nombreux cas d'échec, je pense que la raison première est qu'on veut la traiter comme une maladie, comme un mal à extirper, alors que des vues sous un autre angle montreraient sans doute qu'elle n'est pas un mal en elle-même mais une sorte de remède d'auto-défense opposé par le sujet à un autre mal plus profond. Ainsi en est-il, par comparaison, de la fièvre accompagnant l'infection d'un organisme: la fièvre n'est pas le mal qu'il faut guérir.
Qu'il soit bien entendu que le fait de considérer le symptôme obsessionnel comme un remède opposé à l'angoisse n'implique pas que, dans sa pensée, ce remède ait une vertu définitivement apaisante. Il ressemble à tous les sédatifs dont la dose doit être sans cesse augmentée pour demeurer agissante. Mais arrive un moment où le remède n'est plus supporté.
L'obsession est un exutoire à l'angoisse ou plutôt au sentiment de culpabilité qui la conditionne en ce sens qu'elle la dérive en lui faisant contourner le Moi conscient. Celui-ci n'en est que partiellement soulagé car s'il évite l'étreinte de l'angoisse, il est d'autre part encombré d'une sorte de corps étranger qui le fait souffrir en l'obligeant à penser, à sentir et à agir en fonction de sa présence et à l'encontre des normes.
Vient un temps où le Moi est tellement entravé par les bizarreries qui lui sont imposées, tellement encerclé par l'absurde et tyrannique conditionnement de ses activités les plus simples que la situation n'est plus tenable.
C'est le moment critique d'un désespoir sans bornes. Le Moi est coincé entre les termes d'un dilemme affolant: ou bien l'obsession