You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Prisonnier de guerre pendant cinq ans, nous avons vécu la captivité au jour le jour: notre objectif principal était l'évasion. Nous guettions « l'occasion propice » ou bien nous nous efforcions d'inventer quelque ruse imprévisible à nos gardiens, et nous ne cherchions guère alors à donner aux spéculations que nous pouvions faire une forme méthodique.
Quatre années se sont écoulées maintenant depuis notre retour et il nous semble qu'une analyse rétrospective de l'état d'esprit qui était celui des prisonniers s'efforçant à l'évasion pourrait apporter quelque complément à la psychologie de l'homme en général, en plus de l'intérêt spécifique qu'elle pourrait comporter elle-même. Les lignes qui suivent résument les analyses que nous avons pu faire au sujet d'un des aspects les plus importants du problème de l'évasion, à savoir: les difficultés psychologiques de l'évasion.
Lorsqu'on parle de prisonniers et d'évasions ce sont en général les difficultés matérielles qui se présentent les premières à l'esprit. On imagine aussitôt gros cadenas, barreaux de fer, échelles de corde et oubliettes. En ce qui concerne les prisonniers de guerre proprement dits on peut classer les difficultés matérielles sous quatre rubriques principales: