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Depuis que Freud a conçu vers 1890 sa théorie de l'œdipe, ce sujet a été l'objet de tant de recherches et de travaux de la part de Freud lui-même, puis de ses disciples, qu'il peut paraître quelque peu déplacé de reprendre une fois de plus la question des conditions de formation de l'œdipe.
Cependant, divers aspects du problème ne laissent pas de surprendre le psychanalyste non inféodé à tel ou tel credo d'un maître-analyste et dont l'esprit se heurte aux points d'interrogation multiples que pose la richesse et la diversité du matériel analytique que lui apportent ses malades sur ce sujet particulier.
L'un des aspects surprenants du problème est d'ordre méthodologique, un autrè d'ordre thérapeutique.
En ce qui concerne le point de vue théorique et méthodologique l'on se trouve placé en face d'une déroutante contradiction. D'une part, on sait que Freud lui-même, après sa découverte si capitale de l'œdipe qui lui est apparu tout d'abord comme le nœud même des névroses, s'est vu obligé d'atténuer son jugement premier. Dans son mémoire sur le narcissisme et dans divers autres travaux, entre autres son article sur les « conséquences psychologiques de la différence organique entre les sexes », Freud s'est appliqué à montrer l'importance des phases préœdipiennes, non seulement du point de vue du développement instinctuel et des différentes fixations de la libido (phases orales et anales) mais tout autant du point de vue de l'évolution de l'affectivité. Il s'est attaché, il est vrai, avec une attention particulière, à l'étude des phases préparatoires de l'œdipe chez la fille essentiellement, celle-ci se prêtant mieux que le garçon à l'observation du passage de la phase d'attachement primaire à la phase d'attachement œdipien du fait que,