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On peut se représenter ainsi l'évolution sexuelle de la femme: à l'origine, la nature l'a créée, non pas totalement femme, mais femme en plus ou moins grande partie, avec, en elle, juxtaposé, un élément plus ou moins mâle. Ces diverses parties constitutives s'exprimeraient, organiquement, de bonne heure, dans la forme qu'adopterait très tôt la masturbation infantile, cloacale, indifférenciée d'abord quant à la précision des zones, mais se fixant par la suite plus ou moins sur le clitoris seul ou de préférence sur l'entrée de la vulve à côté. Une érotisation native plus ou moins grande, respectivement, des deux zones érectiles que contient l'organe génital externe de la femme, le clitoris ou bien les bulbes vaginaux, prédisposerait, dans chaque cas, l'enfant à l'un ou l'autre mode de masturbation. Il y aurait ainsi, suivant les enfants, prédominance de la masturbation convexe ou de la concave, sans que l'une ou l'autre, sans doute, puisse jamais tout à fait manquer.
Le clitoris tend à pousser, à pénétrer; le vagin appelle une pénétration. Tout ceci d'abord sur un mode indifférencié, indéfini, vague; ni l'un ni l'autre de ces organes ne savent, d'abord, ce qui doit être pénétré ou ce qui doit pénétrer. Mais la tendance biologique existe: il y a là une complaisance somatique qui va, d'avance, au devant de l'objet.
La petite fille, aux stades cloacaux primitifs, où la mère encore seule règne sur ses besoins et ses soins de toilette, aspire sans doute, passivement, vaguement, aux caresses cloacales par les doigts maternels, tout ce qui est en relief sur le corps maternel pouvant se substituer, dans ses vagues désirs, au mamelon primitivement sucé.