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Si je n'avais disposé d'une année entière pour perpétrer cette étude clinique du narcissisme, traditionnel pendant de l'étude théorique des thèmes que nous nous proposons pour nos conférences des psychanalystes de langue française, j'apporterais aujourd'hui une véritable étude clinique du narcissisme. Elle comporterait douze volumes in-jésus de cinq-cents pages chacun. Personne ne les lirait, parce que les romans-fleuves sont si décourageants, et je ne suis pas du tout sûr que j'en retirerais du moins la satisfaction… narcissique de léguer à la postérité une grande œuvre en douze volumes.
Fort heureusement, cette disgrâce nous a été épargnée du fait que je pouvais me donner le temps d'écrire un petit livre. Je ne sais s'il en sera meilleur. Je ne suis sûr que d'une chose, c'est qu'il ne mérite pas le titre grandiose d'étude clinique du narcissisme et qu'il ne peut prétendre qu'à servir d'introduction à une étude plus complète.
C'est ainsi que, rompant avec la tradition, je me suis permis de réduire considérablement mon pensum en modifiant d'un rien très limitatif le titre et l'objet du rapport tels qu'ils avaient été définis à Bruxelles.
On me le pardonnera puisque nous renouons, par ailleurs, le Dr Van der Waals et moi, avec une ancienne tradition qui voulait que le texte des rapports fût remis aux congressistes avant la réunion de la conférence.
Le mérite n'en revient d'ailleurs pas aux deux seuls rapporteurs, et j'ai plaisir à remercier ici, personnellement, notre collègue