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Si bien fondé que puisse nous paraître notre jugement, nous sommes toujours heureux de le voir affirmé par autrui. Mon étude critique (1) sur les notions de narcissisme et de narcissique, maintenant vieille de 8 ans, signalait la multiplicité des significations attribuées dans la littérature à ces deux notions. Aussi, fus-je bien frappé en lisant le premier alinéa d'un article de Hart (2) récemment paru. La question y est exposée d'une façon admirablement claire; citer ce passage me permettra de ne pas répéter inutilement mes propres exemples. Le voici : « Lorsqu'on qualifie de narcissiques dans la littérature psychanalytique des états et des phénomènes aussi différents les uns des autres que le sommeil, l'enfant occupé à sucer son pouce, la jeune fille rayonnante devant la glace, en train de se parer, et le savant ravi de l'attribution du Prix Nobel, on souhaiterait bien une définition plus précise de cette notion. Tous ces phénomènes peuvent bien être ramenés à une source commune, mais n'en restent pas moins des choses nettement différentes. Si notre vocabulaire était plus riche, nous aurions une expression spécifique pour chaque nuance du narcissisme tout comme les Grecs, qui connaissaient huit ou neuf mots pour désigner les diverses nuances de l'amour. La sublimation la plus sublime aussi bien que la régression psychotique à l'extrême, se disent narcissiques. En certains cas, on estime le narcissisme responsable de l'augmentation de la puissance virile, en d'autres cas, par contre, de sa diminution. On le retrouve dans la frigidité de la femme aussi bien que dans son attrait. On suppose qu'il est à même de neutraliser des tendances destructives, tout en devenant