You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
…Je ne saurais mieux définir l'objet de la socio-analyse qu'en citant ces lignes parues dans les « Temps Modernes » sous le titre « Psychothérapie et psychanalyse en Allemagne » (1) :
« Une science complète de l'homme reste encore à mettre debout. Elle est impossible en l'absence de la psychologie en profondeur… A la lumière de la psychologie en profondeur les rêves, les contes, les mythes et les rites s'éclairent d'un jour nouveau. De plus, nous sommes capables à présent de mieux comprendre la haine et l'avidité, par exemple, de l'individu dit normal. Si étrange que cela puisse paraître, c'est la tentative avortée du don de soi-même qui engendre le véritable ressentiment allant jusqu'à la haine. Il existe une espèce d'avidité d'ordre maladif et névrotique dont les causes sont identiques ou analogues. Et à l'arrière plan de tous ces phénomènes, dans l'ombre et l'obscurité, se dresse l'appréhension de la mort, du « néant »… Ainsi la psychologie en profondeur a repris les traces de Shakespeare, de Dostoïevsky et de Nietzche en vue d'un éclaircissement de ces deux phénomènes humains que sont la haine et l'avidité, éclaircissement destiné à servir les causes de l'humanité et d'une paix durable. »
L'expression de psychologie en profondeur a de quoi vous déconcerter. Vos disciplines habituelles, histoire politique, économie, législation financière, droit administratif, vous apportent un matériel constitué par des faits, des dates, des textes, des codes, des statistiques. Vous n'ignorez pas le facteur psychologique, mais vous pensez que cette variable est capricieuse et qu'elle sert de prétexte aux interprétations arbitraires, à ce qu'on appelle avec dédain « la littérature ». Je m'en voudrais de troubler votre sécurité intellectuelle : les recherches dans le domaine encore inexploré