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Le sujet que j'aborde aujourd'hui est l'un des plus, brûlants car il ne s'agit de rien moins que du courant qui, tel un courant de lave volcanique, entraîne plus ou moins la psychanalyse actuellement. Je veux parler de la grande extension qu'a prise la médecine psychosomatique.
Au XIXe siècle, la tendance organiciste prévalait en médecine. Tout semblait commandé par le corps, le corps seul, et l'âme, si l'on ose employer ce mot, n'en eût été que l'émanation subordonnée. Or cette attitude strictement mécaniste devait à la longue se montrer insuffisante à rendre compte de mains troubles, en particulier des troubles dits nerveux. Et tandis que l'école de Charcot s'en tenait là encore, des réactions psychologiques bientôt se dessinaient, telles celles de Janet. Mais la grande révolution qui devait seule rendre au psychisme la juste place qui lui convient dans la genèse des psychonévroses était enfin accompli par notre maître à tous : Freud.
La psychanalyse est donc née au chevet des névrosés, elle fut d'abord une méthode clinique et n'a passé son nom à la connaissance, à la doctrine issue de cette clinique, qu'ultérieurement. En tant que méthode thérapeutique, elle fait ainsi partie de l'art de guérir. La médecine par suite, qui si longtemps l'ignora, puis la dédaigna, dès qu'elle l'eût reconnue en tout ou partie, la revendiqua.