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Le problème de la détermination psychologique du crime reste encore l'un des plus obscurs. D'aucuns croiraient volontiers que la psychanalyse l'a éclairé d'un jour nouveau : en fait, en montrant qu'il existe chez la plupart des hommes des phantasmes criminels, la psychanalyse a peut être surtout mis en évidence la nécessité d'expliquer pourquoi certains hommes seulement deviennent des criminels. Le prochain Congrès de Criminologie qui se tiendra à Paris pendant l'été 1950 fera converger sur ce problème le passage à l'acte les réflexions des spécialistes. Nous voudrions apporter ici une observation qui pourrait être soumise à leur examen.
Cette observation n'est que le commentaire d'une autobiographie (de soixante pages manuscrites) rédigée par un jeune assassin dans sa prison, onze ans après son crime, pour lequel il avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité, en 1936. La suppression du bagne l'a amené à purger cette peine dans des établissements pénitentiaires de la métropole. Il y a deux ans, il a rédigé un récit de sa vie, pour le remettre à une assistante qui fait partie du personnel de la prison et que nous remercions de nous avoir communiqué ce document. Cette autobiographie s'arrête avant le récit du crime. Ce récit, le jeune homme l'a fait verbalement à l'assistante qui en a pris note et nous en a fait part, mais il ne l'a pas consigné lui-même par écrit : car c'est toujours avec une sorte de répugnance qu'il évoque ce drame, et en écrivant son autobiographie il cherchait certainement à donner à la personne qui s'intéresserait à lui des images de lui-même qui le feraient apparaître comme un être humain plutôt que comme un assassin.