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La question du langage a déjà été traitée si souvent par les psychologues qu'il pourrait sembler vain d'y revenir. Et pourtant, si les rapports de la pensée et des mots, du commandement et de la conduite verbale, ont fait l'objet de nombreux travaux, l'on n'est encore que peu instruit sur les mécanismes affectifs qui permettent à l'enfant d'acquérir, au cours de son développement psychique, l'usage des diverses espèces grammaticales.
Un nom, ici, vient immédiatement à l'esprit : celui d'Edouard Pichon, qui, par le monumental ouvrage qu'il a composé, en collaboration avec Jacques Damourette (1), a ouvert la voie à l'étude psychanalytique du langage. A maintes reprises, E. Pichon a souligné l'intérêt qu'il y aurait, pour la psychologie générale, à suivre en détail le développement du langage chez l'enfant, notamment en ce qui concerne les « taxiomes » (2) de la grammaire. C'est de ce programme que nous avons tâché de nous inspirer.
Si l'on excepte les troubles de la parole comme ceux qui sont dus à une insuffisance des organes phonateurs, à une lésion du système nerveux, on peut dire que la plupart des enfants sont aptes à acquérir le langage, plus ou moins rapidement, plus eu moins parfaitement (3). Les troubles du langage (4) sont souvent imputés à des rapports défavorables entre l'enfant et son entourage : le retard simple de l'élocution pourra être provoqué