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Pour ceux, qui comme moi, n'ont connu que par ouï dire les luttes qui ont marqué les débuts de la psychanalyse, la situation actuelle apparaît pleine de contradictions. D'une part, en effet, on assiste à une extension considérable de la psychanalyse qui envahit non seulement la littérature comme en 1920, mais les écrans, la politique, la sociologie et d'autre part, probablement en raison même de cette extension, de nombreuses critiques s'élèvent contre elle, plus vives que jamais. Il est facile de voir que, ces critiques, je ne parle que des plus pertinentes, reprochent avant tout à la psychanalyse, de fournir au malade un système d'images mythiques c'est-à-dire irrationnelles, en accord avec les croyances du groupe.
Il me semble que le problème qui se pose est celui de savoir si le psychanalyste propose à son malade des concepts rationnels ou des mythes irrationnels, ou encore des concepts qui puissent être définis de façon opérationnelle c'est-à-dire concrète, ou des images qui sont uniquement verbales mais qui comportent des connotations affectives importantes.
Nous n'entrerons pas ici dans la discussion théorique. Il est certes intéressant de se demander quelle peut être une psychologie scientifique, et si la psychanalyse est fondée en droit à se dire une