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Un peu d'expérience des sociétés scientifiques suffit pour savoir qu'afin d'animer une séance, il n'y a qu'à mettre au programme une communication de psychanalyse. C'est que la psychanalyse reste pour beaucoup une pierre de scandale et un exutoire volontiers passif pour une critique grâce à laquelle on s'assure que l'on est du côté de la Raison. Situation qui vaudrait la peine d'être analysée, non point seulement avec l'interprétation un peu élimée, quoique toujours valable, des « résistances », mais du point de vue de la psychologie sociale et, plus précisément, en considérant les rapports entre groupes. Laissons cependant de côté ces aspects trop personnels et peut-être polémiques du problème. Un des déterminants du conflit est, chez les adversaires de la psychanalyse, l'insuffisance d'une information surannée et l'absence d'expérience personnelle ; car des souvenirs, des impressions, et des « on dit » ne peuvent passer pour des données scientifiques ; la seule façon de contrôler une expérience, c'est de la refaire. On y vient. En espérant le moment heureux où le débat se poursuivra sur une base rationnelle et commune, le besoin d'une synthèse théorique se fait sentir : qu'il s'agisse de traductions ou de créations, cela demandera encore quelque temps. En attendant, une simple définition ferait notre affaire, pour que l'on sache au moins de quoi l'on parle. « L'exploration de l'inconscient » ne nous satisfait guère 1, 2. La marge est trop mince entre la « substantivation » d'un adjectif et la « substantification » d'un concept ; l'inconscient n'est pas une substance, c'est une