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L'Américan Imago a publié en 1947 deux articles concernant la vie et l'œuvre de Lewis Carroll, cet étrange conteur qui écrivit pour les enfants des histoires fascinantes dans lesquelles se retrouve presque à l'état naissant, un matériel onirique, dont le symbolisme passe dans le récit sans subir de transposition ni de remaniements importants.
Cette particularité en fait un matériel de choix pour un essai d'interprétation analytique, et c'est ce que nous offrent tour à tour John Skinner et Martin Grotjahn.
de John Skinner.
L'article de Skinner comporte une rapide biographie suivie d'une élude du symbolisme tel qu'il apparaît dans les contes et les poèmes de Lewis Carroll, et tel qu'il peut être interprété à la lumière des indications fournies par l'auteur.
Charles Lutwidge Dodgson ainsi se nommait en réalité Lewis Carroll était l'aîné d'une famille de onze enfants (trois garçons et huit filles). Dès l'enfance il commence à élaborer un monde imaginaire dans lequel il transposera sous une forme acceptable cette situation qui semble lui avoir été si douloureuse dans la réalité. Infatigablement, cet enfant replié sur lui-même, tranquille et absorbé, organise des jeux auxquels il fait participer ses frères et sœurs, invente des histoires et des saynètes, tout en gardant au milieu d'eux l'attitude d'un enfant qui peuple son univers de créatures imaginaires pour échapper à la tristesse de la solitude. Toute sa vie, il conservera à l'égard des objets et des bêtes un animisme dont son imagination d'adulte s'enchante encore.
Un autre de ses jeux favoris consiste à créer des mots longs et compliqués et à inventer pour eux des règles spéciales de prononciation.