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Poser aujourd'hui le problème de la « psycho-criminogenèse », c'est se demander de quelle façon le psychologue, armé des connaissances, des théories et des méthodes de 1950, peut aborder le problème de l'explication du crime.
Le psychologue commencera par écarter l'erreur qui assimilerait la psychogénèse du crime à une explication par des déterminants « psychiques », dans le sens le plus étroit, celui, par exemple, où la pathologie mentale oppose les théories « psychogénistes » aux théories « organicistes ». Sans doute, un tel mode de pensée ne peut être complètement évité ; au surplus, il peut être utile, à tel moment de la recherche ou de l'élaboration théorique, d'isoler certaines suites de relations significatives, dans le sens, par exemple, de ce que Jaspers entend par compréhension génétique (1). Mais cet artifice ne permet pas d'expliquer la réalité concrète : celle-ci est faite d'ensembles complexes où les déterminants de divers ordres combinent leurs effets. Les concepts opérationnels avec lesquels le psychologue de 1950 aborde le crime ne sont donc pas ceux qu'implique une psychogénie au sens le plus restreint et le plus pur de ce terme.
Le premier et le plus important est le concept de conduite criminelle. Le concept de conduite utilisé dans les problèmes de psychologie humaine peut être défini comme suit : l'ensemble des actions, matérielles ou symboliques, par lesquelles un organisme en situation tend à réaliser ses possibilités et à réduire les tensions qui menacent son unité et le mettent en mouvement. La signification fonctionnelle ou dynamique de la conduite, c'est la propriété par laquelle elle se constitue comme