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L'on serait en droit de s'attendre à ce que prédominent, parmi les nombreux sujets que traite la littérature psychanalytique, les questions relatives à ce qui se passe effectivement au cours d'un traitement psychanalytique et aux moyens de rendre plus efficace le rôle dévolu au psychanalyste. Mais cette attente est déçue. Les questions de technique ne sont abordées que dans de rares ouvrages. Il peut y avoir plusieurs raisons à cet état de fait. En premier lieu, la jeune science qu'est la psychanalyse a pour objet propre d'étude la totalité des phénomènes psychiques humains, c'est pourquoi elle a tant de problèmes à résoudre que la question de la technique thérapeutique ne devient plus qu'un sujet parmi bien d'autres. En second lieu, il est certain que les analystes éprouvent envers la discussion détaillée d'un tel sujet une aversion particulière, basée en partie sur une retenue ou une entrave subjective, mais plus encore sur les difficultés objectives qui tiennent à la question elle-même. C'est toutefois une troisième raison qui est décisive : l'infinie multiplicité des situations qui surgissent au cours d'une analyse ne permet guère de formuler des lois générales sur la manière d'agir de l'analyste dans toutes les situations données, car chacune d'elles est essentiellement unique. C'est ce qui a amené Freud (1) à déclarer, il y a bien longtemps déjà, que, comme dans le jeu d'échecs, on ne pouvait enseigner que les coups d'ouverture et quelques situations typiques et décisives, mais non tout ce qui se produit entre temps et qui constitue le véritable travail analytique.
L'exposé qui va suivre ne saurait non plus dissiper toutes les difficultés