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Un certain nombre de psychanalystes européens — parmi lesquels l'auteur de ce travail — ont été très surpris de constater, à la lecture des grands rapports, d'ailleurs pleins d'intérêt, qui ont été présentés au récent Congrès mondial de Psychiatrie sur l' « évolution et l'orientation actuelle de la Psychanalyse » qu'il n'y était tenu compte que dans une très faible mesure d'un élément pourtant essentiel de la théorie psychanalytique : la notion de surmoi.
Le surmoi a été et est encore, quoique de façon moins explicite ou sous-entendue, la clef de voûte de l'édifice doctrinal de Freud. Car le fameux « héritier du complexe d'Œdipe », dans lequel il voyait l'origine de la morale, est évoqué à chaque instant dans l'interprétation du matériel psychanalytique, y compris les péripéties du transfert. Et les faits d'expérience quotidienne que cette notion vise à expliquer sont innombrables, non seulement dans le domaine de la simple névrose, mais dans celui des psychoses (où d'ailleurs sa valeur explicative ne subsiste qu'à la condition d'en élargir considérablement la signification première), de la caractériologie, de la criminologie, etc. Pourtant des travaux américains psychanalytiques documentés et consciencieux — comme les rapports ci-dessus mentionnés et bien d'autres — paraissent s'en désintéresser.
Lorsque, d'ailleurs, nous disons que, par comparaison avec des études antérieures, il semble qu'une des tendances actuelles de la théorie psychanalytique dans certains pays soit la sous-estimation du surmoi, nous devons bien préciser qu'il s'agit de la notion théorique elle-même et non des faits auxquels elle s'applique.
Quoi qu'il en soit, dans les pays de culture latine, on s'est beaucoup occupé, ces dernières années, du problème de la culpabilité, lié directement