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La clinique médicale proprement dite a depuis longtemps atteint toutes ses possibilités, et c'est de disciplines voisines que la médecine attend de nos jours ses progrès. La bactériologie (donc l'asepsie) permit autrefois le développement de la chirurgie ; plus près de nous, chimie biologique et synthèse organique ont fourni à la thérapeutique le remarquable appoint des vitamines, des hormones, et enfin des antibiotiques. Quelque spectaculaire qu'ait pu être ce dernier apport, il semble néanmoins que ses conséquences se soient bornées aux limites de la pharmacodynamie, laissant à peu près intact notre système nosographique classique. C'est, en revanche, à un véritable bouleversement de celui-ci, et partant de toutes nos conceptions de la médecine, que nous assistons aujourd'hui, avec les plus récentes acquisitions de l'endocrinologie. Leur fécondité paraît telle que, tout en ayant permis la découverte d'agents thérapeutiques remarquablement polyvalents comme la cortisone et l'ACTH, elles nous obligent déjà, par le concept nouveau de « maladie de l'adaptation », à reviser toute la pathologie classique, l'englobant du même coup dans un système cohérent plus satisfaisant.
Si l'on tient à affirmer le caractère scientifique de la médecine, il est en effet gênant de constater qu'une même maladie « fonctionnelle » puisse être traitée de trois ou quatre façons différentes (pour ne pas dire opposées) selon la branche de la médecine à laquelle se réfère le praticien. Souffrant d'un ulcère gastrique, un patient peut ainsi se voir conseiller l'opération par le chirurgien, ou se voir prescrire bismuth, belladone et injections de « choc » par son médecin habituel, ou encore entendre l'homéopathe mettre en cause tel ou tel « terrain », ou enfin, devant l'affirmation d'une étiologie affective, entreprendre une psychothérapie… Le plus remarquable est d'ailleurs que chaque thérapeutique remporte de réels succès sans que nous puissions justifier ni la discordance des théories pathogéni