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La communication que je vais vous faire ce soir est de peu d'étendue, pas tant pour sa longueur, mais parce que la trouvaille dont il est question est limitée à un point précis. Je développerai un certain nombre d'idées dues à cette trouvaille et je finirai en posant des problèmes, plutôt qu'en les résolvant.
Quand j'ai assemblé et préparé le matériel en vue d'une étude psychologique de la fonction de la main j'ai cherché parmi la littérature analytique et non-analytique pour y trouver des contributions à ce sujet. Il va sans dire que je me suis occupée de l'œuvre de Freud sur le Moïse de Michel-Ange (2), œuvre où l'importance du mouvement de la main de Moïse est soulignée comme essentielle. Spengler décrit la façon dont Michel-Ange s'exprime comme « la signification entière de l'existence humaine exprimée par le langage du corps vivant ». C'est d'un élément de ce « langage du corps vivant » tel qu'il est contenu dans la statue de Michel-Ange et interprété par Freud, que je vais parler ce soir.
L'essai sur la statue de Moïse fut publié sous le voile de l'anonymat dans Imago en 1914. Il est remarquable que cet essai ait été écrit ou du moins publié la même année que l'essai sur le Narcissisme, qui touchait déjà au problème de l'artiste. Dans cet essai, la première définition du surmoi, c'est-à-dire l'idéal du moi, est développée et étudiée soigneusement. Nous nous occuperons un peu plus tard de ces problèmes quand nous considérerons le personnage historique du législateur Moïse.