You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il s'agit de deux mécanismes : l'espacement et la concentration, qui permettent à l'individu d'exercer une sorte de régulation de ses émotions.
L'espacement correspond à la possibilité d'isoler les différents aspects d'une situation comportant une charge affective trop intense de façon à les vivre en plusieurs temps ; ceci dans le but de répartir entre plusieurs moments les émotions qui s'y rattachent, et dont la somme eut été traumatisante pour l'organisme. Cette isolation des divers éléments qui composent la situation redoutée laisse chacun d'eux intact. Il ne se produit pas de déplacements destinés à la rendre acceptable en en masquant la signification profonde ; seule l'intensité de l'émotion est modifiée. Par exemple, une jeune fille épouvantée par le mariage, et redoutant d'affronter à la fois l'épreuve de la défloration et l'apparat de la cérémonie nuptiale, se donne à son fiancé avant le jour fixé pour le mariage.
L'utilisation d'un tel mécanisme décèlerait une fragilité particulière de la structure psychologique. Elle serait fréquente chez les malades déprimés, phobiques et masochistes. Elle s'accompagne d'une tendance à éviter les stimulations violentes dans d'autres sphères que celle de la sexualité : ces malades craignent les jeux brutaux, le bruit, la musique, les récits sinistres, etc.
La concentration, au contraire, permet de porter l'émotion à son paroxysme, en rassemblant autant que faire se peut, les causes d'émoi de façon à les affronter toutes ensemble. Par exemple, un homme dont la femme est jalouse choisit pour partenaire dans une aventure extra-conjugale, une femme dont le mari l'est également au point d'être redoutable, et s'arrange de plus pour que leurs ébats aient toutes chances d'être surpris.
Il s'agirait ici d'une réaction antiphobique, destinée à se démontrer qu'on n'a plus peur. Otto Sperling l'a souvent observée chez des psychopathes, mais les deux mécanismes peuvent aussi jouer chez les normaux, et coexister chez un même individu.
Selon