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L'auteur se propose : 1° de passer en revue l'évolution de la théorie analytique concernant la nature essentielle de l'angoisse de façon à dégager les notions qui semblent maintenant solidement établies, et à définir quelques concepts importants, concernant les états psychiques ressentis comme dangereux; 2° de démontrer en s'appuyant sur l'observation de nombreux cas de névroses de guerre que la présence de symptômes d'angoisse tant dans l'enfance que dans la vie de l'adulte est souvent un indice favorable quant au pronostic en ce sens que les individus capables de tolérer une charge relativement forte d'angoisse au cours de leur développement s'avèrent moins aptes à produire des réactions névrotiques irréversibles, sous le coup de traumatismes de guerre par exemple.
Freud distingue deux formes d'angoisse : l'angoisse primaire qui correspond à la montée d'une tension instinctuelle croissante, sans décharge possible, et par là même éminemment pathogène, et l'angoisse secondaire, assimilable à la peur. Comme la peur elle-même, elle est tantôt inhibante, tantôt stimulante, alors que l'angoisse primaire, elle, correspond toujours à une rupture de l'équilibre psychique avec une désorganisation totale des réactions habituelles sous la poussée d'une émotion qui submerge tout.
En somme, selon Elizabeth Rosenberg, on peut considérer 3 degrés dans l'état de tension :
1° la tension instinctuelle est maintenue dans les limites de ce que l'individu est capable de supporter : pas de conscience d'un danger ; le désir sexuel, par exemple, est ressenti comme un état de tension spécifique sans angoisse ;
2° la tension monte à un degré tel que le point de rupture de la résistance psychique de l'individu est sur le point d'être atteint. Il y a conscience d'un état psychique dangereux. C'est l'angoisse secondaire ;
3° la tension dépasse le point de rupture, c'est-à-dire le degré au delà duquel elle n'est plus supportable, et c'est l'état de traumatisme, l'effondrement des défenses qui caract