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L'article est consacré à l'étude du fait que la parole émise, activité physique, considérée comme un moment de la fonction du langage et envisagée en elle-même, peut précipiter la libération d'affects régressifs et par là même des représentations refoulées qui leur correspondent. D'où l'on conclut que le plaisir physiologique lié à l'exercice de la fonction verbale confère une efficacité thérapeutique à la parole.
Certains sujets substituent dès l'enfance l'émission de la parole à la miction dont le jeu est désormais soumis à un contrôle automatisé. Ils utilisent l'appareil du langage, en vue d'effectuer par déplacement la décharge de leurs tendances régressives uréthrales-érotisées, et dérive une satisfaction instinctuelle de leur activité verbale, analogue à celle que leur procurait — et leur procure encore sur un mode régressif, la miction. Dans ce cas, le langage acquiert certaines caractéristiques du produit excrémentiel impliqué. Le langage peut tout aussi efficacement se substituer, par déplacement, aux décharges anales érotisées.
On observe ainsi différents types de langage érotisé en liaison avec des activités excrémentielles ayant gardé ou retrouvé de façon permanente ou passagère leur caractère érotique. Le type de langage est conditionné par les caractéristiques fonctionnelles de l'activité excrétoire dont il est contraint d'assumer le rôle ; de plus, le sujet présente à la fois ce type de langage particulier, et les symptômes névrotiques qui y correspondent : énurésie, diarrhée, constipation, etc.
Toute modification dans le régime érogène s'accompagne immanquablement de modifications correspondantes dans le langage.
Aux divers types de langage correspondent des types de silence car, si la parole peut être considérée comme l'équivalent d'activités sphinctérielles, le silence, lui, se substitue aux rétentions.
C'est dans la façon dont le silence s'installe, ou se termine, dans l'attitude et parfois la mimique du sujet, dans la manière dont il le ressent, que l