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Le phénomène de contre-transfert est traité du point de vue de ses causes objectives et subjectives. Il s'agit surtout d'avertir psychanalystes, psychiatres et infirmières, des difficultés qu'ils doivent s'attendre à rencontrer dans leurs efforts pour aider et comprendre des malades avec lesquels il est particulièrement difficile d'établir des rapports satisfaisants.
Quel qu'il soit, un malade ne peut réellement appréhender chez son analyste que ce qu'il est lui-même capable éventuellement d'éprouver : les névrosés projettent sur l'analyste leur propre façon de ressentir les choses. Il est donc à prevoir que les malades atteints de psychoses et chez lesquels amour et haine ne sont plus les deux termes d'une ambivalence, mais forment un tout indissoluble, éprouveront la conviction profonde que l'analyste n'est lui-même capable d'établir d'autres relations avec autrui que sur ce mode particulièrement brutal et dangereux. Si l'analyste aime son malade, il le tue par là même. On comprend que le maniement des réactions suscitées par cette conviction puissent rapidement déborder les possibilités que peut avoir l'analyste de les maîtriser.
Que peut faire l'analyste en présence d'une telle situation ?
Il est essentiel qu'il soit averti de ce qui l'attend. Il doit être capable d'évaluer objectivement la nature de ses sentiments, et la qualité de ses réactions. Il doit pour cela avoir mis à jour, au cours de sa propre psychanalyse, ses réactions les plus primitives.
Tout celà est très juste ; mais, selon D. W. Winnicott l'analyste doit être aussi capable de haïr son malade, et ceci demande quelques explications. D. W. Winnicott présente en effet le problème tel qu'il le conçoit en fonction de ses propres réactions affectives. Pour lui, la situation analytique ne semble pas se différencier nettement d'une situation vécue. Il n'est pas question de neutralité à l'égard du malade : l'analyste est assimilé à la mère qui hait son enfant, en réaction aux contraintes, aux frustrations qu