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Comment un phénomène aussi dramatique en ses conséquences, qu'irrationnel en ses causes : le préjugé racial, peut-il se produire ? Comment pourrait-il être supprimé ? C'est en prenant pour point de départ le comportement des enfants que James Clark Moloney pose ce problème ; car, pour lui, le préjugé racial est avant tout un surgeon de l'autoritarisme.
James Clark Moloney rappelle d'abord combien les enfants sont hostiles aux différences quelles qu'elles soient, qui les séparent des autres enfants. Qu'il s'agisse de différences sociales, religieuses, raciales, etc., ces différences les inquiètent car elles s'opposent aux identifications rassurantes, et les enfants y réagissent avec une fureur qui sera plus tard, soit refoulée, soit rationalisée. Dans ce dernier cas, elle formera le noyau du préjugé racial, précurseur de guerres.
Le préjugé racial est un symptôme, et la maladie qu'il révèle découle de l'autoritarisme. Dans l'état actuel de la civilisation, celui des parents qui a le plus de poids abuse presque toujours de son autorité. Sous la contrainte, l'enfant adopte une attitude névrotique, soit de conformisme, soit de non-conformisme, selon la constance et la rigueur de la pression exercée sur lui.
Le non-conformisme névrotique correspond au besoin de reproduire sans cesse une victoire remportée sur les parents. Poussé à l'extrême le non-conformisme névrotique donnera des criminels, ou des psychopathes, parfois les deux ensemble. Mais si l'autorité est tyrannique et inflexible, l'enfant ne peut s'individualiser : il devient conformiste : robot ou copie carbone des parents. Toujours soumis, obséquieux, avide de perfectionnement pour prouver son obéissance, il s'associe avec ses pareils, et redoute les réactivations possibles de tout ce qui sommeille en lui d'individuel ; il fuit les non-conformistes, et ceux qui sont différents de lui. Liberté et tolérance l'épouvantent.
Le conformisme marque l'insécurité. Obséquieux avec ses supérieurs, le conformiste est impitoyab