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Norman Reider étudie les répercussions produites aux U. S. A. par la diffusion de notions concernant la psychiatrie, la psychanalyse et l'hygiène mentale.
L'utilité de cette diffusion du point de vue prophylactique est indéniable, mais ses effets sont loin d'être tous aussi heureux. La notion d'homme normal, de comportement normal, a été utilisée comme un niveau critère de ce que l'homme doit être ou faire, c'est-à-dire, comme un modèle auquel il est bon de se conformer le plus étroitement possible. De là à l'adopter comme critère de la morale elle-même, et à le ressentir comme une obligation, il n'y avait qu'un pas, et ce pas semble avoir été allègrement franchi par un nombre surprenant d'individus. L'article montre que cette attitude a été très générale, qu'il s'agisse de malades, par exemple, ou de spécialistes de l'hygiène mentale.
Les conséquences de l'acceptation du nouveau standard proposé sont multiples. Le normal et l'anormal sont conçus comme étant des équivalents du bien et du mal. « Est-ce que ceci est normal ? » en vient à signifier « Ai-je bien ou mal fait ? » D'où un nouvel et redoutable apport aux exigences du surmoi. La connaissance du normal et de l'anormal aboutit chez certains malades à la création d'un état pseudo-normal, qui sert à camoufler des troubles psychopathologiques plus profonds.