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Geza Roheim commente un rapport préliminaire publié dans l'Américain Anthropologist (vol. VI, 1945, pp. 177-198), par Dorothy Eggan. Il s'agit de la technique utilisée dans la psychanalyse d'un membre de la tribu des Hopi, une telle analyse constituant — dit-il — un document unique pour l'anthropologie. Geza Roheim approuve la conception — purement freudienne — de Dorothy Eggan, selon laquelle aucune connaissance particulière de la culture d'une tribu n'est nécessaire pour comprendre les rêves de ses membres ; pas plus d'ailleurs que pour déceler leurs sentiments de culpabilité.
L'étude des rêves a diverses applications en anthropologie comme en psychanalyse clinique : c'est ainsi que l'élaboration secondaire des rêves a, par exemple, permis de découvrir, en vue de recherches ethnographiques, des coutumes que rien sans cela n'aurait révélées. Ceci établi, Geza Roheim émet quelques réserves concernant les buts et les méthodes de Dorothy Eggan : celle-ci a rassemblé des rêves recueillis par des ethnologues non analystes et livrés sans matériel associatif, ce qui en rend l'interprétation très douteuse. Quelques-uns peuvent cependant être partiellement élucidés. Ce sont des rêves où se retrouvent des équivalences bien connues — telles que vol = érection — et dont les symboles sont transparents : la femme phallique attaque le sujet avec un bout de bois ; le vagin denté est représenté par une gueule de crocodile ; la scène initiale, par la copulation de deux tortues, que le sujet réussit à séparer à l'aide d'un morceau de bois, après avoir tenté de se glisser entre elles et s'être fait mordre par le mâle et par la femelle.
Geza Roheim utilise personnellement une méthode qui permet une interprétation beaucoup plus profonde. Après avoir recueilli le récit du rêve, il le divise en épisodes et demande au sujet d'associer à partir de chacun d'eux. Les difficultés sont surtout dues à ce que le sujet comprend mal ce que l'examinateur désire obtenir de lui, et fournit plutôt des re