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Les travaux concernant le problème du moi occupent une grande place dans la littérature psychanalytique depuis une trentaine d'années. Mais bon nombre de ces études, loin de nous apporter plus de clarté, ont plutôt jeté la confusion dans nos idées sur ce sujet déjà par lui-même fort complexe.
Cette impression de confusion se fait sentir surtout lorsque nous confrontons ces travaux récents avec les derniers écrits de Freud (2), où nous trouvons lumineusement exposées, en quelques lignes, les hypothèses les plus valables en cette matière.
Dès juin 1939, ayant présenté à la première réunion franco-britannique de psychanalyse à Paris, un rapport sur les fonctions du moi, je me suis vu reprocher, par quelques-uns de ceux qui ont depuis poussé très loin l'étude de la question, de trop simplifier les choses. Sans doute est-ce la tendance contraire qui a prévalu depuis, si j'en crois les études parues ces dernières années. Ces études illustrent justement un aspect de l'évolution de notre science dont je tiens à souligner les possibles et redoutables conséquences.
Voyons par exemple les travaux si consciencieux et si poussés de Hartmann, travaux presque entièrement consacrés aux problèmes du moi, où l'auteur développe des vues très personnelles sur la question. Si j'ai bien compris sa pensée, le moi ne serait pas uniquement constitué