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Le concept est à la fois un indice et un instrument. Il nous permet de saisir, de déterminer un élément et de le placer dans une nouvelle connexion. Cela se présente différemment, selon l'instrument utilisé, de même que l'on perçoit différemment le cœur qui bat si l'on se sert du stéthoscope ou si l'on recourt à l'électrocardiographe. Les concepts ne sont donc pas les choses elles-mêmes, mais des moyens d'approche de ces choses.
Il importe que les concepts « soient déterminés… par des relations … aux choses » (S. Freud). Ils ne façonnent pas seulement les éléments mais ils sont aussi façonnés par ceux-ci. Bien choisis et bien appliqués, les concepts peuvent s'adapter à l'objet et se perfectionner, tout comme le pouvoir de résolution d'un microscope de Zeiss a beaucoup augmenté, comparé à celui des instruments de Leeuwenhoek. Mais il peut aussi arriver que les concepts s'émoussent, deviennent indécis. Ils obscurcissent et défigurent alors bien plutôt au lieu d'élucider, d'organiser.
Tandis que les modifications d'un instrument sont apparentes, la transformation d'un concept passe souvent inaperçue, ou bien ne se remarque qu'après coup. On constate parfois une imperfection d'un concept, qui va s'accentuant ; S. Freud en faisait la remarque, en 1914, à propos de la notion du « complexe » ; et pourtant, on ne saurait renoncer à ce « terme commode et souvent indispensable ». Ainsi, le « complexe d'Œdipe », par exemple, s'est maintenu ; mais la notion de 1900 n'est pas encore celle du « complexe d'Œdipe complet » ou « plus complet » de 1923.
L'utilité d'un instrument n'est pas une garantie de son application