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Dans son Fragment de l'analyse d'un cas d'hystérie, Freud définit ainsi la situation de transfert : « Que sont les transferts ? Ce sont de nouvelles éditions ou des fac-simile des tendances et des fantasmes éveillés et rendus conscients dans le progrès de la psychanalyse ; mais ils ont cette particularité, caractéristique de leur espèce, qu'ils remplacent une personne antérieure par la personne du médecin. En d'autres termes, toute une série d'expériences psychologiques sont ravivées, non pas en tant qu'appartenant au passé, mais en tant qu'appliquées au médecin dans le présent » (Freud, 1905, p. 139).
Sous une forme ou sous une autre, le transfert opère à travers toute la vie et influence toutes les relations humaines, mais je ne m'occupe ici que des manifestations du transfert dans la psychanalyse. Ainsi procède l'analyse : dès qu'elle ouvre des routes dans l'inconscient du patient, son passé (dans ses aspects conscients et inconscients) est graduellement ravivé. Par là est renforcé son besoin de transférer les expériences, les relations objectales et les émotions initiales, et elles se focalisent sur l'analyste ; ce qui implique qu'aux prises avec les conflits et les angoisses réactivés, le patient fait usage des mêmes mécanismes et des mêmes défenses que dans les situations antérieures.
En conséquence, plus nous serons en mesure de pénétrer profondément dans l'inconscient et plus nous pourrons pousser l'analyse dans le passé, plus grande sera notre compréhension du transfert. C'est pourquoi