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« Ses progrès, dit Jean Rostand, en parlant de la Génétique, se sont accomplis calmement, modestement, librement, dignement, comme doivent s'accomplir en science tous les progrès. »
Nous voudrions pouvoir ajouter à ces mots : « Ainsi soit-il. » Mais nous savons trop que toute découverte importante qui modifie l'équilibre psychique des hommes représente un traumatisme contre lequel ils se défendent, comme le fait l'œuf contre la fécondation. La psychanalyse, dès le début, en a fait l'expérience. La résistance qu'elle a provoquée, et qu'elle continue à provoquer à chaque pas en avant, en fait foi. Cette résistance elle-même est déjà due au transfert que détermine l'action de la pensée psychanalytique lorsqu'elle modifie, par ses notions, l'équilibre psychique habituel des individus.
La compréhension du transfert et son maniement, c'est-à-dire l'art de s'en servir pour aboutir au but que la psychanalyse se propose d'atteindre, c'est déjà toute la psychanalyse. En posant le problème comme il l'a fait, le Pr Lagache a fait preuve de courage et œuvre utile (1). Jusqu'à présent le problème n'a guère été rendu vraiment accessible. Une équivoque subsistait, car il ne faut pas confondre le transfert, tel qu'il se manifeste au cours de la cure psychanalytique, avec le transfert tel qu'on l'observe ailleurs. Toute prise de contact affectif suppose un transfert, dans la mesure où ce contact comporte des échanges affectifs. Ceux-ci se font, chez l'individu pris isolément, selon ses possibilités, caractérisées par les mécanismes psychologiques qui commandent sa façon d'établir un contact affectif. Mais le transfert psychanalytique, nous le verrons plus loin, n'est pas de cet ordre ; il ne correspond pas uniquement à une simple prise de contact affectif qui s'opérerait toujours