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Le but que je poursuis ici est celui de mettre en relief quelques aspects du transfert et spécialement celui des patients schizophrènes. Tout ce qui a été si brillamment exposé par mes collègues le Dr D. Lagache, le Dr M. Schlumberger et le Pr Arminda A. de Pichon-Rivière peut être appliqué d'une façon générale dans le traitement des psychotiques.
Je désire faire remarquer les contributions de M. Klein et de Frieda Fromm-Reichmann et leurs aspects significatifs : les points de vue que j'expose sont le résultat de mon travail comme analyste de psychotiques. Je considère que les idées émises par M. Klein sur les mécanismes schizoïdes et par Susan Isaacs sur la nature et la fonction de la fantaisie marquent la direction des investigations futures.
Frieda Fromm-Reichmann démontra dans son premier travail sur Le problème du transfert chez les schizophrènes, l'existence de celui-ci ainsi que ses caractéristiques essentielles. Le schizophrène doit être considéré comme une personne qui a souffert de graves expériences traumatiques dans sa première enfance, à une époque où son moi et sa capacité pour examiner la réalité n'étaient pas encore développés. Ces précoces expériences traumatiques semblent donner la base psychologique de l'influence pathogénique des frustrations pour l'avenir. A cette étape, l'enfant vit dans un monde narcissiste, le trauma est une blessure à l'égocentrisme infantile, et le sujet se transforme en un enfant extrêmement sensible aux frustrations de la vie, sa capacité pour résister aux traumas s'épuise facilement, il échappe à la réalité