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On devrait plus souvent appliquer les procédés de la sémantique à la nomenclature de toute science naturelle, en particulier d'une science en maturation comme la psychanalyse. Les significations floues n'entraînent pas seulement la confusion, elles conduisent aussi à une application bâclée des techniques cliniques et à des erreurs théoriques. Des expressions comme « transfert », « refoulement », « sublimation », « abréaction », d'autres encore, ont acquis avec les années une signification de plus en plus vague.
Dans cet article, je traiterai de « la situation de transfert », ou « du transfert » dans le sens d'une description de la relation patient-analyste.
Pour commencer, examinons l'envergure du transfert. En raison de sa formation l'analyste s'occupe du transfert avant que le patient apparaisse en chair et en os. L'analyste consciencieux sait que non seulement sa personnalité et son attitude peuvent déterminer le transfert, mais aussi l'entourage physique où le traitement est conduit. Par suite, il se préoccupe de la situation de son cabinet, du genre de salle d'attente convenable, de l'ameublement de son cabinet, y compris le bureau et les objets posés sur le bureau. Il tient compte encore de son propre vêtement, de ses bijoux personnels, ou même de sa coupe de cheveux ou de l'arrangement de son visage.
Classiquement, la psychanalyse vise à réaliser un état de choses où le transfert du patient aura la faculté de se développer sans être gêné par les facteurs et les impressions de la réalité courante ; pour que les affects puissent s'écouler dans un seul sens, du patient à l'analyste, l'analyste lui-même tente de s'effacer, d'être détaché, objectif, en d'autres termes émotionnellement antiseptique.
Pour suppléer à l'impuissance naturelle des êtres humains à réaliser.